Société civile gabonaise : le véritable combat est celui de la dignité et de l'intérêt général

Lors d'une conférence-débat organisée le 15 juillet 2026 à Libreville par la Coalition des organisations de la société civile gabonaise, le ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, François Ndong Obiang, a appelé les acteurs civiques à préserver leur indépendance, à agir avec éthique et à devenir une force de proposition plutôt qu'une opposition permanente.

4 min de lecture
Société civile gabonaise : le véritable combat est celui de la dignité et de l'intérêt général

La conférence-débat organisée le mercredi 15 juillet 2026 par la Coalition des organisations de la société civile gabonaise, à la salle polyvalente du quartier Louis, dans le premier arrondissement de Libreville, n'a pas seulement permis d'explorer les contours de la démocratie participative. Elle a surtout été l'occasion, pour François Ndong Obiang, ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, de rappeler ce qu'il considère comme la véritable mission de la société civile dans le Gabon de la Cinquième République.

Une société civile libre et indépendante

Face aux responsables associatifs, le membre du gouvernement a appelé les acteurs civiques à préserver leur indépendance et leur crédibilité. Pour lui, la société civile ne peut jouer son rôle qu'à condition de demeurer libre de toute influence politique ou de tout intérêt particulier.

« Le véritable combat de la société civile, c'est qu'on trouve des acteurs libres, détachés de tout arrangement, de tout superflu et de toute ambiguïté », a insisté François Ndong Obiang, avant d'ajouter que la société civile devait « porter son costume, celui de la dignité, et défendre les intérêts légitimes des êtres humains ».

Selon lui, cette indépendance constitue le socle d'une démocratie participative efficace, où les organisations citoyennes agissent exclusivement dans l'intérêt général.

Être le garde-fou de l'action publique

Pour le ministre de la Réforme, la société civile ne doit ni se substituer aux pouvoirs publics ni s'inscrire dans une logique de confrontation systématique. Sa vocation est avant tout d'accompagner l'action publique en alertant sur les dysfonctionnements et en défendant les droits des citoyens.

« Il est parfois bien d'avoir des personnes qui nous servent de garde-fou. Et ces garde-fous, c'est la société civile. Mais il faut qu'elle-même soit déjà digne », a-t-il déclaré.

Il a ainsi exhorté les organisations citoyennes à mener un combat fondé sur l'éthique plutôt que sur la recherche d'avantages personnels. « Ne soyez pas des êtres suspendus à la quête des subsides du public ou du pouvoir. Soyez des bâtisseurs, des constructeurs, des aménageurs d'espaces de dignité et de libertés fondamentales », a-t-il lancé.

Une force de propositions plutôt qu'une opposition permanente

François Ndong Obiang a également invité la société civile à dépasser les postures revendicatives pour devenir une véritable force de propositions au service de la nation. « Que la société civile ne soit pas essentiellement une société civile vindicative. Elle doit être une société civile qui propose, qui éjecte du sens et qui émet des sillons de raison », a-t-il affirmé.

Pour le ministre, la réussite de la Cinquième République repose sur l'implication de tous les citoyens. Il estime que les organisations de la société civile ont un rôle majeur à jouer pour promouvoir la culture de l'effort, encourager le travail et accompagner les réformes engagées dans le pays.

Reconstruire la société à partir de ses valeurs

Au-delà des questions institutionnelles, François Ndong Obiang a plaidé pour un retour aux valeurs fondatrices de la société gabonaise. Il a appelé les acteurs civiques à contribuer à la préservation de l'identité nationale, des traditions et du patrimoine culturel.

Enfin, il a mis en garde contre toute politisation de la société civile. « Ne vous politisez pas. Restez neutres, sincères et vous-mêmes, capables de toujours dire ce qui serait bon à entendre (…) Soyez des constructeurs, des réparateurs des erreurs de tous les dirigeants », a-t-il conclu.

À travers cet appel, le ministre a rappelé que le véritable combat de la société civile gabonaise ne réside ni dans la conquête du pouvoir ni dans la contestation permanente, mais dans la défense de la dignité humaine, de l'intérêt général et des valeurs républicaines qui fondent la nouvelle République.

À lire aussi

Partager :

À lire aussi

Femmes au gouvernement : « un recul », selon la députée Justine Judith Lekogo
Politique & Société

Femmes au gouvernement : « un recul », selon la députée Justine Judith Lekogo

Dix mois après la mise en place du gouvernement, le remaniement du 11 octobre 2026 porte l'effectif de l'équipe gouvernementale à 33 membres, contre 30 précédemment. Mais quelle place les femmes occupent-elles réellement dans cette nouvelle architecture ? Interrogée par Salem Média, la députée Justine Judith Lekogo estime que la représentation féminine recule et appelle à dépasser la question des chiffres pour garantir aux femmes un accès effectif aux postes de décision.

Jean Félix NZENGUE BOULENDE · 4 min de lecture

Coupures en 48 heures, réparations aux oubliettes : le calvaire électrique d'une famille d'Akournam II face à la SEEG
Politique & Société

Coupures en 48 heures, réparations aux oubliettes : le calvaire électrique d'une famille d'Akournam II face à la SEEG

Depuis plus d'un mois, une famille du quartier Akournam II, à Owendo, vit avec un danger devant sa porte : câbles électriques et ferrures de compteurs arrachés gisent au sol, sans qu'aucune équipe de la SEEG ne soit venue les remettre en état malgré de multiples relances. Un contraste que la famille juge d'autant plus incompréhensible qu'elle observe, de son côté, la rapidité de la société à couper l'eau ou le courant en cas de facture impayée.

Chyld · 2 min de lecture