Société civile : la participation démocratique freinée par l'absence de structuration

Lors d'une conférence-débat organisée le 15 juillet 2026 à Libreville par la Coalition des organisations de la société civile gabonaise, Geoffroy Foumboula Libeka, deuxième vice-président du CESEC, a alerté sur la confusion persistante entre engagement civique, engagement politique et action syndicale, plaidant pour une meilleure structuration des acteurs civiques.

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Société civile : la participation démocratique freinée par l'absence de structuration

La Coalition des organisations de la société civile gabonaise a organisé, le mercredi 15 juillet 2026, une conférence-débat à la salle polyvalente du quartier Louis, dans le premier arrondissement de Libreville. Placée sous le thème « Société civile gabonaise : entre démocratie civile et démocratie participative », cette rencontre a réuni plusieurs acteurs du monde associatif, en présence de François Ndong Obiang, ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions, ainsi que de Geoffroy Foumboula Libeka, deuxième vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC).

Une confusion persistante entre engagement civique et engagement politique

Au cœur des échanges, un constat s'est imposé : la société civile gabonaise peine encore à jouer pleinement son rôle dans la nouvelle dynamique institutionnelle de la Cinquième République en raison d'un déficit de structuration et d'une confusion persistante entre engagement civique, engagement politique et action syndicale.

Prenant la parole, Geoffroy Foumboula Libeka a rappelé que les débats observés ces derniers mois sur les réseaux sociaux ont révélé cette méconnaissance des rôles. « Cette invitation fait suite à un débat que nous avons tous observé sur les réseaux sociaux où, effectivement, il y a une forme de confusion entre l'engagement politique et l'engagement civil (…) L'objet ici est justement d'échanger pour pouvoir tirer les conséquences qui nous permettront de mieux structurer notre engagement civil », a-t-il déclaré.

S'appuyant sur la Constitution, il a expliqué que la liberté d'association concerne aussi bien les organisations de la société civile que les partis politiques, les syndicats, les entreprises ou encore les fondations. « Il y a une grosse confusion entre la liberté d'association et l'association. La Constitution consacre la liberté d'association (…) Cette liberté permet à tout citoyen de se regrouper soit dans une association, soit dans un parti politique, soit dans une entreprise », a-t-il précisé.

La structuration, un préalable à une démocratie participative efficace

Pour le deuxième vice-président du CESEC, le principal défi consiste désormais à mieux organiser les acteurs civiques afin qu'ils puissent remplir efficacement leur mission de défense des causes d'intérêt général. Il a notamment insisté sur la nécessité de distinguer clairement les missions des organisations de la société civile, des partis politiques et des syndicats.

« La réalité, c'est que nous avons, sur la base des émotions, établi ces incompatibilités. Ce n'est pas ce que dit notre Constitution », a-t-il regretté, rappelant qu'un citoyen peut appartenir simultanément à une organisation de la société civile, à un syndicat ou à un parti politique, à condition de respecter le rôle propre de chacune de ces structures.

Selon lui, cette clarification est indispensable pour bâtir une société civile crédible, mieux structurée et capable d'intervenir efficacement dans les débats publics.

Une nouvelle place pour la société civile dans la Cinquième République

Geoffroy Foumboula Libeka a également mis en lumière les innovations introduites par la Constitution de la Cinquième République, qui consacre désormais la démocratie pluraliste et participative. Cette évolution, a-t-il expliqué, permet aux citoyens et aux organisations de la société civile de contribuer davantage à la vie publique, sans pour autant se substituer aux acteurs politiques.

« Il faut qu'on accepte aujourd'hui, en tant que société civile, que nous sommes désormais acteurs de cette démocratie, mais dans une approche participative. Cela ne veut pas dire qu'une association peut présenter des candidats à une élection », a-t-il souligné.

À travers cette conférence-débat, les organisateurs ont voulu inviter les acteurs civiques à mieux s'approprier les dispositions constitutionnelles afin de renforcer leur organisation interne et leur contribution à la gouvernance. Tous s'accordent à reconnaître que la réussite de la démocratie participative au Gabon dépendra en grande partie de la capacité de la société civile à se structurer, à clarifier son rôle et à parler d'une voix forte sur les questions d'intérêt général.

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